La forte attractivité du culte de saint Gilles, connu jusqu’en Russie comme l’atteste une inscription récemment découverte par les archéologues, explique l’ampleur et l’extraordinaire architecture de l’ancienne église abbatiale, que l’inachèvement d’un projet trop ambitieux et les vicissitudes des guerres de Religion et de la Révolution française ont réduite à un état fragmentaire, témoin malgré tout de sa splendeur passée.
La grande église de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle, longue de près de 100 mètres, se distinguait par trois éléments : la crypte sous sa nef à trois vaisseaux, église inférieure longue de six travées autour du tombeau du saint conservé in situ depuis le haut Moyen Age ; l’architecture complexe de son chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes, le plus vaste de ce type bâti en style roman ; l’ampleur et la qualité du décor sculpté qui ornait jadis non seulement la façade occidentale, mais aussi le chœur, les portails du transept et le cloître.
De nos jours c’est avant tout la façade qui témoigne de la gloire passée du monastère. L’influence antique y est omniprésente, dans les colonnades qui séparent les trois portails, dans le drapé de l’habit des apôtres, dans l’élégance et le graphisme des feuilles, fleurons et rinceaux d’acanthe, et dans les scènes de la frise de la Passion qui rappellent l’art des sarcophages paléochrétiens, si nombreux dans la région autour des anciennes cités romaines d’Arles et de Nîmes.
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