L’abbaye de Cadouin fut fondée en 1113, dans le bas Périgord, au creux d’une petite vallée de la forêt de la Bessède, par le périgourdin Géraud de Salles (v. 1050-1120), prédicateur charismatique et chanoine de Saint-Avit-Sénieur.
Durant près de sept siècles, ce monastère cistercien fut le but d’un important pèlerinage dédié au Saint-Suaire, éminente relique censée avoir enveloppé la tête du Christ après sa mort. Elle assura à l’abbaye rayonnement et prospérité.
A chaque période troublée, le suaire put être mis en lieu sûr : lors de la guerre de Cent ans, il fut transféré à l’église du Taur de Toulouse, où il fut l’objet d’une grande ferveur, et resta dans cette ville jusqu’en 1455 ; de retour à Cadouin, il survécut aux protestants qui manquèrent de détruire l’abbaye ; il fut caché pendant la Révolution.
Au XXe siècle, l’authenticité du suaire fut mise en doute, et en 1934, les résultats de l’expertise mirent un coup d’arrêt définitif aux dévotions. Le vénéré suaire s’avéra en effet être une étoffe musulmane de la fin du XIe siècle. Si tout mysticisme s’efface devant cette révélation, ce tissu demeure néanmoins très précieux : il est l’un des deux seuls vestiges quasi intacts de l’art textile de l’époque fatimide (969-1171).
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